SEMINAIRES AFA. ANTHROPOLOGIE, PSYCHANALYSE ET POLITIQUE. REGARDS SUR LES TERRAINS

 

Accueilli à la Maison SUGER

En partenariat avec le CRPMS

Coordinateurs

Olivier Douville, psychanalyste, Laboratoire CRPMS Université Paris 7, douvilleolivier@noos.fr

Delphine Lacombe, sociologue, chargée de recherche CNRS-CESPRA, delph.lacombe@gmail.com

Julie Peghini, anthropologue, MCF Université Paris 8,julie.peghini@gmail.com

Monique Selim, anthropologue, directrice de recherche à l’IRD, monique.selim@ird.fr

Séances 2016-2017

  • Mardi 22 novembre 2016 de 11h à 13h. Maison Suger. 16-18 rue Suger, Paris 6

Subjectivités en états d’urgence Séminaire présenté par Jean-Claude Polack.

Revue Chimères N. 88 (revue de schizoanalyses fondée par Gilles Deleuze et Félix Guattari)

  • Mardi 6 décembre 2016 – 11h-13h

Olivier Douville : Guerres et traumas (Dunod, 2016)

Karima Lazali : La parole oubliée (Erès, 2016)

  • Mardi 10 janvier 2017 – 11h-13h

Bernard Castelli – Monique Selim : Réparer les inégalités ? (L’Harmattan, 2016)

Louis Moreau de Bellaing : Vivre sans le capitalisme ? Inconscient et politique (L’Harmattan, 2016)

  • Mardi 7 février 2017 – 11h-13h

Patrice Yengo : Les mutations sorcières dans le Bassin du Congo. Du ventre et de sa politique (Karthala, 2016)

  • Mardi 21 mars 2017 – 11h-13h

Annie Benveniste – Nicole Khouri – Monique Selim :

« Craquelures globalisées du religieux », Journal des anthropologues, 2016, n°146-147

  • Mardi 19 avril 2017 – 11h-13h

Sébastien Broca – Carlos Perez-Lopez : « L’utopie », Anthropology & Matérialism, n° 3

https://anthropologicalmaterialism.hypotheses.org/journal

  •  Mardi 16 mai 2017 – 11h-13h

Yves Lacascade : « Anthropologie et littérature »

Journal des anthropologues, 2017, n° 148-149

Julie Peghini : L’île du soupçon, au bord d’une utopie multiculturelle : l’Île Maurice (Presses universitaires de Vincennes, 2016)

  • Mardi 21 juin 2017 – 11h-13h

Olivier Douville : De quoi « réfugié » est-il le nom ?

Anne Querrien : « Migrants/habitants : urbanités en construction », Multitudes, n° 64

Séances passées

  • Mardi 26 février 2013, 11h-13h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 Thierry Baubet, « Traumatisme, identité et possession »
  • Mardi 26 mars 2013,11h-13h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 Elizabeth Kaluaratchige, « Père-Fille, quelle domination ? »

  • Mardi 16 avril 2013 11h-13h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Bernard Hours, « La domination humanitaire »
  • Mardi8 janvier 2013,11h-13h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Daniel Delanoe, « La ménopause sous domination symbolique »
  • Mardi 4 décembre 2012, 11-13 h,  Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Evelyne FIORENZA, Françoise Crégut Dinet, Annick RICHET, « L’entreprise et le coaching »
  • Mardi 12 juin 2012- 10h-12h Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Marie Rebeyrolle : « Le coaching de dirigeants en entreprise : retour sur une pratique »
  • Mardi 15 mai 2012– 10h – 12h Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Tania Rolens : « Réflexions sur la violence en Colombie »
  • Mardi 17 avril- 10h – 12h 2012 Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Marie Bonnet : « Lacan, la femme n’existe pas »
  • Mardi 20 mars – 10h – 12h 2012 Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Elisabeth Kaluaratchige : « L’auto-thérapie »: un phénomène religieux de « New Age »?
  • Mardi 14 février 2012– 10h – 12h : Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Jie Yao, Yan Helaï (sous réserves), Olivier Douville : « Histoire et actualité de la psychanalyse en Chine »
  • Mardi 10 janvier 2012– 11h-13h Wenjing Guo, « Internet en chine, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Wenjing Guo, « Internet en chine :problèmes méthodologiques pour l’anthropologue », commentaire Monique Selim
  • Mardi 13 décembre 2011– 9h-11h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 : Virginie Valentin : « Interactions et entretiens cliniques dans un projet sur le rapport au corps des adolescents : questions d’éthique de l’évaluation »
  • Mardi 22 novembre 2011 11h – 13h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6 Tania Rolens : « Réflexions sur la violence en Colombie »
  • Mardi 22 novembre 2011 11h – 13h, Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6: Démarche clinique d’orientation psychanalytique en sciences sociales et humaines. Réflexion et       études de cas sur les rites de passage aujourd’hui

Argumentaire du séminaire 

Ce séminaire propose de repenser les dialogues et les mises à l’épreuve réciproques entre anthropologie et psychanalyse. Il s’efforce d’articuler trois lignes de questionnement :

• Clinique du terrain et terrains cliniques : des anthropologues s’interrogent sur la nature des relations interpersonnelles développées durant leurs enquêtes, le sens et les modalités de leur écoute, et, corollairement, les mobiles intimes de la parole des acteurs. Les crises économiques et politiques qui bouleversent de nombreuses sociétés s’impriment, en  effet, dans la situation ethnologique. De surcroît, l’ethnologue se trouve de plus en plus fréquemment en contact avec des populations en fragilisation croissante, en état de non inscription, et même d’errance.

• Folie et État : on développera une réflexion croisée, d’un côté sur les effets sur les élaborations identitaires des nouvelles représentations du bien-être psychique, de l’autre, sur les instances de légitimation sur ce que serait une bonne santé psychique en termes de prévention, de diagnostic, de traitement et de leur évaluation. Enfin, le lien doit être souligné entre les terreurs issues de la violence de l’État et les confusions des registres du Réel, de l’Imaginaire et du Symbolique, qui font tenir l’existence singulière et les échanges sociaux. D’une certaine manière, la folie a disparu au profit de l’exclusion et de la stigmatisation des perdants. Dans les pays lointains qui ne rentrent pas dans cette industrialisation du soin, l’OMS., au contraire, préconise un retour aux dispositifs dits « traditionnels », légitimant médiums, devins et autres guérisseurs. Dans ces deux configurations du monde globalisé, les États jouent un rôle majeur, idéologique, symbolique, mais aussi institutionnalisant les corps des professionnels du soin psychique. La psychanalyse fait actuellement l’objet d’un débat social, d’autant plus aigu que c’est la singularité du sujet individuel qui est en jeu. La présence de la psychanalyse dans les institutions de soin et d’enseignement redevient l’enjeu d’une lutte, alors que la psychiatrie et la psychopathologie sont de plus en plus biologiques.

• Un dernier volet  : rouvrir le débat entre anthropologie et psychanalyse de l’ordre épistémique et épistémologique, à l’heure où le cognitivisme est, pour un nombre croissant d’anthropologues, un outil de validation de leurs recherches et de leurs résultats. La généralisation de l’économie de marché a eu des effets de plus en plus prononcés sur les définitions de la souffrance psychique, des troubles mentaux, leurs modes de diagnostic et leur traitement. Dans les démocraties industrielles, on constate la dominance des modélisations biologiques et neurologiques, le retour à un primat héréditaire et la mise en avant de polices de rééducation comportementaliste.

 

Maison Suger

Centre international de recherche, d’accueil et de coopération pour chercheurs étrangers de haut niveau de la Fondation MSH

Située dans le Quartier Latin, centre historique de Paris, la Maison Suger a été créée en 1990 par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme afin d’offrir aux chercheurs étrangers en sciences humaines et sociales devant séjourner à Paris – pendant des durées prolongées, dans le cadre de collaborations avec des équipes et des chercheurs français et étrangers – un environnement de travail et de vie adapté à leurs besoins.
Elle a également pour mission de favoriser les échanges entre chercheurs de toutes disciplines et nationalités, afin de susciter et révéler de nouvelles perspectives et de nouveaux projets ou programmes de coopération scientifique.

La FMSH prend en charge environ un tiers des coûts de fonctionnement globaux de la Maison Suger afin de permettre d’optimiser l’accueil de tous les chercheurs étrangers qui séjournent dans cette institution.

La Maison Suger est animée par une équipe assurant l’accueil et le soutien scientifique des chercheurs invités.

Ses activités sont soumises à l’évaluation annuelle d’un Conseil International chargé de veiller à ce que son fonctionnement soit conforme aux intentions de ses fondateurs, et de contribuer par ses suggestions au renouvellement de sa politique.

contact et accès

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Mardi 15 mai, 10 h – 12h
Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6° (RER Saint-Michel)

« Ceci n’est pas une guerre », à propos de la violence en Colombie.
Tania Roelens

© Enrique Grau Aquelarre en Cartagena (Sabbat à Cartagène). 1982. Crayon sur papier, 30 x 45cm Collection de l’artiste.

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Mardi 20 mars, 10 h – 12h
Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6° (RER Saint-Michel)

« L’auto-thérapie »: un phénomène religieux de « New Age »?
Elizabeth Kaluaratchige

Psychanalyste, Psychologue clinicienne, Maître de Conférences, Chercheuse, Equipe « Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique », CRPMS, Université Paris 7.

© Udayanga Amarasekara, Isolement, Peinture collage, Techniques variées, 2007.

L’« Auto-thérapie » est un phénomène du monde moderne, auquel la théorie psychanalytique de l’entendement collectif confronte, et qui en outre est apte à l’illustrer. Détaché de la « foule », encadré dans un système fermé, engagé dans une pratique plutôt « auto et solo : soi même et seul » ou quasi-individuel, l’homme triste de la modernité est-il un « malade qui multiplie les remèdes » ?

L’« Auto-thérapie » revoie à l’univers des psychothérapies non conventionnelles, pseudo-scientifiques, para-psychologiques… provenant de différents horizons. Se situe-t-elle entre la souveraineté des organisations religieuses qui s’occupent du corps de la sublimation et celle de la médecine qui traite le corps biologique ? Freud trace déjà au début du 20ème siècle, l’énigme de la pulsion qui force un certain homme moderne de mener une quête d’« auto solution » ascétique. L’homme « autoïque » du New Age insinue-t-il qu’il est malade d’une « maladie du moi » et d’un malaise de l’individualisme, plutôt que d’un malaise dans la civilisation ? Il s’agit ici de questionner les techniques qu’il utilise pour éliminer le moi ou pour transformer « quelque chose de son moi qu’il ne veut pas assumer. Au travers de cette interrogation, il est juste de saisir l’articulation entre un piétisme saisonnier ou un protestantisme plus protestant que le protestantisme chrétien et unGethsémani de la modernité.

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Mardi 14 février, 10 h – 12h
EHESS : bâtiment le France, salle 318, 190 avenue de France, Paris XIII

« histoire et actualité de la psychanalyse en Chine »
Olivier Douville, Yan Helaï

La psychanalyse a-t-elle, comme la philosophie, quelque chose à gagner (du côté de ce qui la fonde) ou à perdre (du côté de ses illusions) à passer par la Chine ? C’est probable. C’est, en tout cas, un pari qu’il faut faire. Mais à condition qu’un tel passage ne l’entraîne pas à s’y laisser diluer, ni à croire s’y retrouver comme étant déjà là ou déjà attendu. Bref, à condition que la Chine soit autre chose que la dernière coqueluche du monde psychanalytique parisien, et continue à se présenter comme une occasion féconde d’interroger ce qui, dans la psychanalyse, dans son extension dans le monde, ne se réduirait pas une machine à occidentaliser les esprits. De cette interrogation, il est juste d’attendre des retours sur notre propre rapport à la psychanalyse, en tant que théorie de l’énonciation, plus encore en tant que pensée du sujet et théorie de l’acte.

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Mardi 10 janvier 2012, 11h -13h
Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6°

« Internet en chine :problèmes méthodologiques pour l’anthropologue »
Wenjing Guo, commentaire Monique Selim

Wenjing GUO, doctorante contractuelle en anthropologie, UMR 201, axe Travail et Mondialisation

Résumé :
L’utilisation d’Internet est désormais un enjeu inévitable de démocratie dans toutes les sociétés, particulièrement dans les cas des régimes autoritaires où s’exercent le plus activement les tentatives de contrôle de ce mode d’expression. Il attire ainsi les acteurs sociaux, politiques, économiques et culturels par sa possibilité des échanges de toutes différentes natures, à tout moment et à tous niveaux, son ouverture à un « ailleurs » et un monde imaginaire, et ses caractéristiques inédites. Dans les textes médiatiques et les études de toutes les disciplines de sciences sociales, il est à la fois un nouvel objet, un outil méthodologique de la communication et un appui/support technologique sur lequel des nouveaux phénomènes sociaux et politiques prennent de l’ampleur dans la vie dite « réelle ».
Dans les débats interdisciplinaires et multidisciplinaires, des nouvelles méthodes voire des nouveaux courants disciplinaires sont considérés par certains comme indispensables pour étudier ce nouvel objet d’étude. Alors que d’autres cherchent à se légitimer dans des théories et des termes nés et mis à l’épreuve dans des contextes totalement différents. Ainsi sont nées les nouvelles branches telles que Internet Studiesdigital anthropology,cyberanthropologieanthropologie numériqueethnographie en ligne, voire netnographie. En tant qu’anthropologue et utilisateur d’Internet, les méthodes d’investigation méritent les réflexions : comment peut-on adopter une approche méthodologique en anthropologie quand il s’agit d’Internet ? Peut-on utiliser les techniques d’investigation classiques et les termes habituels face à Internet ? Comment peut-on articuler la vie sociale et quotidienne des acteurs et leurs investissements sur la Toile ? Quelles sont leurs représentations d’Internet et quels sens lui donnent-ils ? Peut-on répondre à ces questions sans analyser notre propre implication sur Internet, en tant qu’Internaute et chercheur ? Nous allons développer ces questions en prenant pour exemple sur deux groupes sociaux qui se sont initiés et se sont organisés d’abord sur la Toile et qui après se sont investis dans les transformations sociales et politiques dans le sud de la Chine.

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Mardi 13 décembre 2011, 9h -11h
Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6°

« Interactions et entretiens cliniques dans un projet sur le rapport au corps des adolescents : questions d’éthique de l’évaluation ».
Virginie Valentin, docteur en anthropologie, chercheuse associée à la Bibliothèque nationale de France.

Cette séance développera une réflexion sur la position d’évaluateur dans le cadre d’un projet organisé en partenariat avec un festival de danse contemporaine qui vise notamment à développer la pratique et la créativité artistique de jeunes lycéens.
Les différentes interventions effectuées par un chorégraphe, le responsable des relations avec les publics du festival et un ethnologue tendent, en particulier, à donner une ouverture culturelle aux jeunes en les initiant notamment à la danse contemporaine, à l’histoire de l’art, à l’anthropologie et en leur faisant découvrir l’art contemporain. La mise à disposition de ces matériaux culturels et, en particulier, l’initiation à la danse contemporaine doivent permettre aux jeunes de modifier leur regard et leur rapport au corps. Les coordinateurs de ce projet intitulé « féminin/masculin : la fabrique de la beauté » font l’hypothèse que, dans le contexte de notre culture occidentale qui a tendance à proposer une éducation corporelle basée sur la dissociation du corps et de l’esprit, un questionnement sur le sens de la beauté et le travail corporel donne aux jeunes gens les moyens de vivre mieux leur rapport au corps.

Dans une perspective interactionniste, l’hypothèse consiste en l’idée selon laquelle le rapport des jeunes aux différents intervenants, les échanges avec ceux-ci doivent permettre de développer un lien de confiance et  de changer l’image de soi. A partir de l’expérience de terrain vécue au cours de ce projet sur une année avec deux classes de lycéens, et en s’appuyant sur des travaux relatifs à la question de l’esthétique et des techniques du corps essentiellement en anthropologie complétés par des apports en science de l’éducation et en psychanalyse, la réflexion sur le cadre a pour but de permettre une meilleure mise en condition des jeunes. Il s’agit aussi de penser la position éthique et le mode de relation que les enseignants peuvent adopter pour faciliter ce processus de changement de position subjective des adolescents.

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Mardi 22 novembre 2011, 11h -13h
Maison Suger 16 – 18 rue Suger, Paris 6°

« Démarche clinique d’orientation psychanalytique en sciences sociales et humaines. Réflexion et études de cas sur les rites de passage aujourd’hui »
par Françoise Hatchuel et Maryline Nogueira-Fasse
Equipe « clinique du rapport au savoir »
Centre de recherches en éducation et formation/Université Paris Ouest Nanterre

Créée en 1989 par Jacky Beillerot, l’équipe « savoirs et rapport au savoir » a travaillé, pendant près de 20 ans au sein du CREF (centre de recherches en éducation et formation) de l’université Paris X Nanterre), la notion de rapport au savoir, qu’elle a contribué à installer durablement dans le paysage des sciences de l’éducation, sous le double angle de la psychanalyse et des sciences sociale (voir l’ouvrage de Françoise Hatchuel Savoir Apprendre transmettre en 2007 à La Découverte Poche, qui en donne une synthèse). Sa diversification en 2009 a donné naissance à l’équipe « clinique du rapport au savoir », fondée par Claudine Blanchard-Laville et dirigée aujourd’hui par Philippe Chaussecourte, qui s’inscrit dans le mouvement de développement et de structuration de la recherche clinique d’orientation psychanalytique en sciences de l’éducation (voir par exemple la note de synthèse publiée en 2005 dans la Revue Française de Pédagogie). En effet, si la démarche clinique en sciences humaines (voir l’ouvrage du même nom sous la direction de Claude Revault d’Allones en 1983) s’appuie sur l’analyse fine des mouvements transférentiels du chercheur ou de la chercheuse vis-à-vis de ses données de recherche telle que l’a théorisée Georges Devereux, dans une visée davantage compréhensive qu’explicative, elle est particulièrement riche en sciences de l’éducation où elle contribue à mieux cerner les enjeux psychiques de la relation éducative. Dans ce cadre, Françoise Hatchuel a développé une ouverture à l’anthropologie qui lui permet de relier ces enjeux psychiques aux grandes questions humaines et la façon dont les sociétés aident les sujets à y faire face. La question des rites de passage, et de ce qu’ils signifient, psychiquement et anthropologiquement, nous semble notamment particulièrement intéressante.

 Nous présenterons donc les grandes lignes de notre réflexion, étayée par deux exemples de recherches cliniques menée via l’analyse d’entretiens non directifs de sujets engagés dans une problématique éducative. Nous montrerons ainsi la façon dont les concepts de la psychanalyse et de l’anthropologie sont mobilisés afin de construire des hypothèses permettant d’approcher la singularité d’un sujet en lien avec nos élaborations personnelles et l’analyse de la dynamique des entretiens. La première recherche a été menée auprès d’enseignants ayant participé à un dispositif d’écriture dans le cadre de leur formation en IUFM. Ce temps de formation, envisagé comme une crise identitaire, telle qu’elle a été analysée par Louis –Marie Bossard (2004), nous apparaît lié au « passage » que constitue le « devenir enseignant ». Des liens seront alors tentés entre les marquages corporels des sociétés premières et les phénomènes « d’inscription  de soi » proposés, nous semble-t-il par un travail écrit, dans une perspective commune de mouvement identitaire. La seconde recherche porte sur le rapport au savoir de jeunes dits « en difficulté » (en tout cas désignés comme tels par leur placement dans un institut spécialisé). Là encore, la question du passage à l’âge adulte et de la façon dont il peut être étayé par l’environnement va s’avérer cruciale. Nos réflexions théoriques sur le rapport au savoir nous poussent à penser que cet étayage n’est pas sans lien avec le type de savoirs et de rapport au monde valorisés dans une société donnée.

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Mardi 5 avril 2011, 9h-11h
n° 105 bvd Raspail, salle 6

« L’enfant ancêtre« , Olivier Douville

Argumentaire :

 Le propos de cette communication  est de situer l’actualité du lien entre des épisodes de psychoses puerpérales et la notion d’enfant qui part et qui revient ou en enfant « nit ku bon » pour les Wolof, les Lébou et les Sérères du Sénégal. Souvent les thèmes d’allure délirante de tels épisodes psychopathologiques expriment l’effroi qu’une mère ressent à avoir donné jour à un enfant qui ne serait pas d’accord pour se ranger du côté des enfants. Il se peut aussi que cette catégorisation de l’enfant comme encore ou irrémédiablement assolé au  monde des ancêtres vienne en un second temps. Le lecteur fera rencontre de la complexité de ces modes de désignation. Toujours est-il que, dans un premier temps nous explorerons les liens possibles entre les complications psychiques de l’accouchée et cette représentation tétanisante de l’enfant donné pour une part potentiellement malveillante de l’ancestralité.   Des « croyances » traditionnelles établissent aussi qu’une femme enceinte est objet de convoitise pour des esprits gourmands, on ne s’étonnera point qu’elles fleurissent comme hantise lorsque certaines femmes vivent dans la coupure avec les solidarités coutumières, pour des raisons très diverses (exil dans les mégapoles, brouille familiale, crise dans les équilibres polygames , …) et qu’elles soient alors activées par les effets anomiques des modernités. Enfin nous tenterons de préciser en quoi cette désignation, non un diagnostic au sens strict, reste comme un matériel culturel latent qui sera utilisé par les sujets en fonction de leur singularité et de leurs histoires, ce qui impose à la démarche d’écoute et de soin psychique de ne pas le réifier en modèle culturel univoque et symboliquement clos.

 Texte d’ O. Douville sur cette question :

https://sites.google.com/site/olivierdouvilleofficiel/articles/y-a-t-il-une-actualite-de-la-notion-d-enfant-ancetre

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Mardi 8 mars 2011, 11h-13h.
n° 105 bvd Raspail, salle 6

Présentation du dernier numéro du Journal des Anthropologues n° 122-123, « Handicap »,
Suzanne Chazan et Olivier Grim

SeminaireHandicap-JneedelaFemme.mp3

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Mardi 8 février 201113h-15h
105, boulevard Raspail, salle 1

« Anthropologie politique et gestion des enfants rebelles, quelle modernité ? Pour quel appareil psychique ? »
Laurence Croix

René Maltête Nantes. Les jeux autour d’une HLM (Ca 1950) © Rapho

Résumé de l’intervention :

Depuis la fin du XIXè siècle la catégorie de l’enfant instable apparaît dans le débat politique pour gérer tous les enfants rebelles à l’école devenue obligatoire (1882). Binet et Simon (1904) définissent les contours de cette nouvelle « pathologie », la même que nous lirons aujourd’hui sous la plume de professionnels de la santé, de pédagogues ou de psychanalystes. Depuis plus d’un siècle, la « nature », génétique ou sociale, est la cause unique et officielle de l’instabilité.
Par une toute autre approche, Freud vise explicitement les tenants des lois « naturelles » et leur conformité avec l’opinion populaire (populäre Meinung).
Enquêtes, expertises et évaluations se succèdent depuis plus d’un siècle faisant toujours les mêmes relations de cause à effet entre classe sociale des parents et agitation de l’enfant, une filiation qui serait désormais inscrite génétiquement ! Ce qui est sans cesse visé, dans cette négation du sujet, c’est un nouvel ordre social débarrassé de toute délinquance (juvénile).
L’idéale conjonction de la norme et de la perfection (performance) visée dans tout système totalitaire est effective de nos jours grâce à la contribution médicale et pharmaceutique.
Histoire –politique – anthropologie – clinique – pédagogie et médecine seront ici convoquées pour penser cette histoire d’une l’idéologie finalement plus que d’une psychopathologie.

 L’intervenante :
Laurence Croix est maître de conférence en psychologie et sciences de l’éducation à l’Université Paris X, ex laboratoire CNRS d’anthropologie psychanalytique.

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Mardi 11 janvier 2011 13h15h :
105 bvd Raspail, salle 1

« Anthropologie politique de la globalisation »
Bernard Hours/ Monique Selim  – commentaire Olivier Douville

Collection : « Anthropologie critique »
ISBN : 978- 2-296-11169-1 • 25.50 € • 286 pages

La globalisation ne met pas un terme aux diverses formes d’identités et d’altérités des hommes en société mais elle en modifie profondément la nature. Cet ouvrage entend aller au-delà du simple constat de nouvelles pratiques ethnographiques. Les auteurs tentent de produire une analyse anthropologique des normes qui constituent le ressort principal des processus de globalisation dans les domaines de la santé, du travail, de la sécurité, de l’éthique et de la moralité humanitaire. Ces normes sont portées par des acteurs idéologiques tels que les femmes, l’étranger, le pauvre, les ONG, figures symboliques ou organisations qui permettent leur résonance, leur réinterprétation, leur incorporation, leur diffusion. Le projet d’une gouvernance sécuritaire et globalisée privilégie une reproduction paisible de l’économie de marché. Dans ce cadre, une démocratie de consommateurs d’émotions remplace les sujets politiques. Les conséquences épistémologiques de ces mutations actuelles interpellent de façon décisive les anthropologues du présent.

LES AUTEURS :

Bernard HOURS et Monique SELIM, anthropologues, ont travaillé au Bangladesh, au Laos, au Vietnam, en Ouzbékistan et désormais en Chine. Monique SELIM, directrice de recherche à l’IRD (UMR développement et sociétés, Université de Paris I) a mené des recherches en anthropologie urbaine (France) puis en anthropologie du travail (Bangladesh, Laos, Vietnam) avant d’aborder la production de la science dans le contexte postsoviétique de l’Ouzbékistan. Bernard HOURS s’est penché sur les cargocults (Vanuatu) puis sur les systèmes de santé (Cameroun, Bangladesh, Laos, Vietnam) avant de se tourner vers l’humanitaire et les ONG.

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Vendredi 17 décembre 10h-12h – Salle, 215, 
EHESS/MSH 54 Bvd Raspail, Paris 6°, M° Sèvres-Babylone

« Ethnographie d’un service d’oncologie pédiatrique »
Marie Bonnet

Argumentaire :

Marie Bonnet présentera son ouvrage à paraître prochainement chez l’Harmattan, collection anthropologie critique. Elle propose un nouveau regard sur une institution qui n’est souvent perçue que dans sa dimension tragique où l’enfant, pur objet d’un fatum, peut guérir ou parfois mourir. Il fallait y aller voir de plus près. Un service d’oncologie pédiatrique est certes un lieu ou l’on exerce des pratiques thérapeutiques, mais c’est aussi un dispositif social qui a ses rituels, ses circuits d’échanges et de communications. Et, comme tel, il intéresse aussi bien l’anthropologue que le psychanalyste.

Cet ouvrage est issu d’un travail de trois années au sein des équipes d’un service spécialisé. L’auteure y a mis en oeuvre une approche pluridisciplinaire originale, avec pour but de contribuer au plan pratique à une meilleure modulation des approches curatives, mais aussi à la formalisation d’une réflexion plus globale qui intéressera aussi les non praticiens.

Ce livre s’adresse donc aussi bien au médecin oncologue qu’au psychanalyste, à l’anthropologue social qu’à tout lecteur, directement concerné peut-être, soucieux de comprendre comment derrière les masques souvent opaques de la technicité se bâtissent des constructions dont la portée dépasse bien souvent le champ d’application spécifiquement médical.

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Mardi 9 novembre 2010 13h30-15h30 – Salle, 215, 
EHESS/MSH 54 Bvd Raspail, Paris 6°, M° Sèvres-Babylone

« Une société en déni, la marchandisation d’une culture.
Exemple de Lijiang (Yunnan, Chine) »
Frédérique Guyader

Argumentaire :

Située sur le plateau tibétain, Lijiang, la ville des Naxi, est le lieu d’un tourisme de masse, essentiellement han, qui ne cesse de se développer depuis le milieu des années 1990. Les naxi, minorité nationale, participent de différentes manières à cette industrie touristique, notamment lors de participation de spectacles folkloriques. Considérés comme des primitifs dans la vision hiérarchique han et ayant fait l’objet de répressions politiques antérieures concernant leurs pratiques chamaniques, les Naxi, bien que désireux de  protéger leur culture, participent néanmoins activement aux mises en scènes folkloriques.

On observe alors une dissociation entre l’acte et la parole qui nécessite de passer par un déni. Définir ce déni, ne peut se faire sans aborder la question de l’intimité et son absence en tant que notion tant en chinois classique qu’en langage vernaculaire.

Nous avons choisi d’approcher cette notion du déni dans le contexte de marchandisation de la culture, où les lieux touristiques constituent des exemples exacerbés de la dissociation entre espace publique /espace privé, tant au niveau de la société que des personnes qui la composent.

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Mardi 19 octobre 2010 12h-14h – Salle, 215, 
EHESS/MSH 54 Bvd Raspail, Paris 6°, M° Sèvres-Babylone

« Batailles nocturnes dans les maisons closes Approches  anthropologiques et psychanalytiques de l’univers onirique des prostituées boliviennes »

Présentation : Pascale  Absi (anthropologue, UMR 201, IRD)
Discussion :  Olivier Douville (psychanalyste, Laboratoire CRPMS Université Paris 7)

Peinture murale, salon de l’établissement La cigarra, Potosi, Bolivie

Argumentaire :

Dans les maisons closes de Bolivie, le diable s’appelle Tio. Il se dédie principalement à s’approprier le corps et les âmes des femmes ; parfois par la force, plus souvent par la séduction.

Cette expérience, qui accompagne l’apprentissage féminin de la prostitution, se fonde sur l’intériorisation d’un corpus narratif onirique qui met en scène des rencontres érotiques avec le diable. Des relations sexuelles extrêmement plaisantes, généreusement rémunérées, et le marquage (bleus, traces de doigts et de fouet, etc.) du corps de la rêveuse en constituent le dénouement le plus fréquent. D’autres récits parlent de viol, de harcèlement, ou de mariage diabolique. A la croisée de l’anthropologie et de la psychanalyse, ces récits peuvent s’appréhender du point de vue de la gestion psychique et de la construction sociale de l’expérience de la prostitution, notamment au regard de la relation entre sexe, travail et argent telle qu’elle est prise dans les configurations de genre particulières des classes populaires urbaines dont sont issus la plupart des prostituées et de leurs clients.

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Mardi 29 juin 2010 de 10h30 à 12h30, salle 15
MSH, 54 Bd Raspail, Paris 6°

Présentation de l’ouvrage « L’autorité des Psychanalystes »,
de Samuel Lézé en en présence de l’auteur

 Samuel Lézé est chercheur postdoctoral au CNRS, membre de l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), docteur en anthropologie sociale et ethnologie de l’EHESS. Il a co-dirigé l’ouvrage Le langage social des émotions. Études sur le rapport au corps et à la santé (Éditions Economica/Anthropos, 2008).

Argumentaire de l’ouvrage :

Comment expliquer la place ambiguë de la psychanalyse dans notre société ? Avec un regard qui rappelle celui des Persans de Montesquieu, un anthropologue a exploré pendant une dizaine d’années l’univers parisien de la psychanalyse. Il relate non seulement le parcours des patients et des psychanalystes dans un monde qui possède ses propres règles, mais aussi un épisode-clé de l’histoire du mouvement freudien en France (États Généraux de la psychanalyse, Réglementation du titre de psychothérapeute, parution d’un Livre noir de la psychanalyse), dont l’autorité est aujourd’hui contestée au nom de la scientificité et de l’efficacité de psychothérapies modernes…

À travers l’anthropologie d’un lieu commun faussement familier et qui suscite le plus souvent une critique radicale ou un engouement total, l’auteur interroge la rationalité d’une pratique finalement méconnue de la plupart d’entre nous.

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Mardi 25 mai 2010 de 10h30 à 12h30, salle 242
MSH, 54 Bd Raspail, Paris 6°

« Dualité ou différence sexuelle entre anthropologie et psychanalyse »
Animation Monique Sélim /O.Douville / M.Bonnet

« Riso amaro », ouvrières dans les rizières de la plaine du Pô, Film de de Santis, 1949 avec Sylvana Mangano

Argumentaire :

Une réflexion collective sera proposée à partir de l’articulation des propositions suivantes :
– l’expansion du capitalisme a conduit au déploiement de marchandises idéelles, identitaires et imaginaires dans le cadre duquel prend place aujourd’hui un marché d’appartenances sexuelles plurielles
– si quelques avancées se font jour, des psychanalystes sont restes attachés au socle de symbolisation de l’altérité sexuée des jouissances tel qu’il était socialement et économiquement construit dans la première moitie du 20é siècle dans le monde dit « développé »
– l’ anthropologie, conduite par vocation a élaborer une perspective comparative sur les modes variés de production de la dualité sexuelle, tente de renouveler ses instruments à l’épreuve des multitudes de configurations présentes
– le genre, comme outil et idéologie multidimensionnelle de la période actuelle, traverse l’ensemble des visions concernées par la sexualisation polymorphe des univers
  Le Séminaire « Encore  » de Lacan peut-il nous éclairer sur le féminin et le masculin, dans un contexte contemporain  d’évolution des formes légales qui encadrent la rencontre amoureuse

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Mardi 16 mars 2010 de 10h30 à 12h30, salle 214 
MSH, 54 Bd Raspail, Paris 6°

Discussion autour du livre d’O. Douville
« Chronologie de la psychanalyse du temps de Freud »

Nous envisagerons les rapports entre les psychanalystes et les anthropologues du temps de la vie de Freud, à partir des écrits des uns et des autres, en faisant place :

– au débat Jones/ Malinowski ;
– à la réception des thèses freudiennes par les anthropologues ;
– à la lecture que des psychanalystes ont pu faire des écrits anthropologique des années 20 ;
– à la façon dont des psychanalystes en Inde, en Afrique du Sud et au Japon, formés à l’anthropologie avait réinterrogé les notions d’Œdipe dans un sens mal reçu et mal compris par les psychanalystes déjà orthodoxes.

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