L’ANTHROPOLOGIE

Dans son acception la plus large, le mot anthropologie rassemble l’ensemble des sciences qui étudient l’homme dans ses différentes dimensions. L’Union Internationale des Sciences Anthropologiques et Ethnologiques (IUAES) reconnaît quatre principales disciplines : l’anthropologie sociale et culturelle, l’archéologie et la paléoanthropologie, l’anthropologie biologique (autrefois qualifiée d’anthropologie physique) et la linguistique.
L’Association Française des Anthropologues réunit principalement des anthropologues sociaux, c’est-à-dire des ethnologues.

L’anthropologie sociale, ou ethnologie, est une discipline des sciences humaines et sociales qui étudie l’homme en société. En d’autres termes, elle étudie les rapports sociaux propres à chaque groupe humain ou à chaque situation, s’intéressant dans le même mouvement à la grande variabilité des formes de vie sociale. Il existe au sein de l’anthropologie sociale des courants de pensée très différents, souvent concurrents entre eux, et les traditions nationales se réfèrent parfois à des intitulés différents : ethnologie ou anthropologie sociale en France ; anthropologie sociale en Grande Bretagne ; anthropologie culturelle aux États-Unis ; volkskunde en Allemagne ; ethnographie en Russie et dans l’ex-URSS…

L’approche que met en œuvre l’anthropologie sociale peut être caractérisée de la manière suivante :
La démarche anthropologique prend comme objet d’investigation des unités sociales de faible ampleur à partir desquelles elle tente d’élaborer une analyse de portée plus générale, appréhendant d’un certain point de vue la totalité de la société ou ces unités s’insèrent (1).
Comme les autres disciplines des sciences sociales, l’anthropologie a donc pour objet d’appréhender les rapports sociaux, mais elle se caractérise essentiellement par .

  • une méthode de production des connaissances fondée sur l’enquête de terrain ethnologique. Appelé aussi enquête par immersion, observation participante, ou parfois ethnographie, le « terrain » consiste à observer et à s’entretenir avec les personnes composant les groupes sociaux étudiés de manière à comprendre « de l’intérieur » leur univers matériel, symbolique et imaginaire.
  • Cette opération peut être qualifiée par le termes de décentrement (produire une connaissance sur la société globale en ce plaçant du point de vue d’un groupe particulier) ou par l’expression de « regard éloigné » selon les mots de Claude Levi-Strauss (l’ethnologue étant extérieur à la culture qu’il étudie, il peut en interroger les implicites et les évidences pour les déconstruire et les analyser).
  • Enfin, la vocation de l’anthropologie sociale est d’être comparative, dans la mesure où son corpus de connaissance s’est forgé à travers l’exploration de la diversité des sociétés existantes ou ayant existé, ainsi que leur comparaison.

Notes  :
(1) Mondher Kilani : Introduction à l’anthropologie. Lausanne, Payot, 1992, page 33. Cette définition reprend les mots de Marc Augé (in Symbole, fonction, histoire. Les interrogations de l’anthropologie, Paris, Hachette, 1979, pages 197-198), s’inspirant lui-même de Gérard Althabe : « Le quotidien en procès », Dialectiques, n° 21, pages 67-77.
(2) Claude Lévi-Strauss. Le regard éloigné. Paris, Plon, 1983.